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 weakening walls - 22/09 | 14h20

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Seidel

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MessageSujet: weakening walls - 22/09 | 14h20   Lun 21 Sep - 4:18


w/ haynes

Si Seidel arborait le plus souvent une mine éteinte que peu d'expressions parvenaient à animer, il y avait des occasions qui méritaient bien d'esquisser un sourire, ne serait-ce qu'infime. Cette galerie de portraits familiaux présentait justement les caractéristiques nécessaires à ce qu'un tel phénomène se produise, à commencer par un coté infiniment ringard, qui ne pouvait pas laisser insensible l'être moqueur qu'il savait être quand il se prenait un peu moins au sérieux. Alors peut-être manquait-il d'objectivité, lui qui après tout n'était pas le mieux placé pour comprendre ceux qui portent leur famille en estime au point d'en immortaliser chaque membre, de dédier à tout ce petit monde une pièce entière, et d'exposer le tout aux yeux ricaneurs du premier venu. Mais il est certain que s'il devait rassembler toute les générations de ce qui lui servait fut un temps de famille, ce serait sur un arbre généalogique des plus standards, sans portrait, ni fioritures qui tendent à pousser le détail – et le vice – un peu trop loin. Toutefois, c'est aussi sous le coup d'une satisfaction esthétique inattendue que ses lèvres s'étaient légèrement étirées. Parce que son esprit, autrefois étriqué, voyait aujourd'hui un peu plus loin que ces détails sordides qui l'avaient amusé au départ. Il se surprenait à présent à étudier les traits de ces multiples visages, leur évolution à travers les années, et l'harmonie qui se dégageait éventuellement de cet ensemble. Jusqu'à ce qu'il soit enfin en mesure d'admettre que s'il y avait bien une famille qui méritait d'être ainsi exposée, c'était probablement celle-ci. « Ou comment aller discrètement à la pêche aux compliments. » Il avait alors spontanément commenté, comme pour ne pas avouer tout haut ce qu'il venait à l'instant de penser tout bas. Car c'était une chose de reconnaître en pensée que l'ensemble était plutôt plaisant à regarder, mais une autre de l'affirmer ouvertement et de passer pour un type sincère et plein de bons sentiments, tout ce qu'il ne pensait pas être en somme. Seulement voilà, il nota après coup la présence d'une jolie blonde, probablement apparue pendant qu'il était encore absorbé par tout ça. Alors, devant choisir entre confier ce qui était son impression, et passer pour un illuminé qui fait la conversation à un mur, il se résolut à développer le fond de sa pensée, mais par dépit uniquement. « Parce qu'on est forcés d'admettre que pour des anglais, ils ont quand même de bons gênes. » C'était une façon comme une autre d'insinuer qu'ils n'étaient pas ingrats dans leur genre, en restant suffisamment détaché pour qu'elle n'aille pas imaginer quel travail de réflexion cachait en réalité cette phrase a priori anodine. « T'en penses quoi, toi ? » Il l'interrogeait de ce ton presque profond qui donnait l'impression qu'il cherchait à ouvrir un débat productif à partir d'une question hautement existentielle. Un peu comme s'il s'attendait à ce qu'elle lui donne tort et lui serve par la même occasion tout un tas d'arguments faussement indémontables, comme le fait que le cousin germain du Lord avait un nez à piquer des gaufrettes, ce qui par conséquent noircit très légèrement le tableau, mais ce à quoi l'autrichien pourrait rétorquer qu'après tout, une règle ne se confirme pas sans exception. Mais très franchement, il aimerait autant qu'elle se range à son avis, pour qu'il puisse ainsi se reconcentrer sur tout ce qui ne va pas, ce qu'il aurait du faire il y a déjà plusieurs minutes.


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Haynes

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MessageSujet: Re: weakening walls - 22/09 | 14h20   Lun 21 Sep - 20:50

A vrai dire, Haynes flottait à des années lumière de l’enquête criminelle. Ce qu’elle espérait, c’était sa libération et c’est tout. Si pour y parvenir il fallait s’investir, elle le ferait mais elle doutait être d’une aide remarquable. Elle avait bien le sens du détail, mais c’est à peu près tout. Comment deviner le mobile, comment penser à travers d’autres yeux quand elle ignorait tout du traitement normal des émotions, des sentiments ? Haynes n’était pas capable de se figurer d’autres manières de penser que la sienne jugée branlante, fantasque. C’est sûr, elle ferait une enquêtrice déplorable parce qu’elle se révélait incapable d’apposer le moindre jugement. Sur quiconque. C’est ce qu’elle pensait en détaillant les visages des grands pontes de la famille qui se déroulaient devant ses yeux. L’un avait les yeux en amandes, l’autre possédait une crinière de jais là où la blondeur du clan régnait mais impossible pour elle d’y discerner davantage. Cupidité, envie, désir, rancœur, tristesse. Beaucoup auraient été capables d’imaginer un ballet d’émotions dans les yeux brillants, les lèvres pleines ou les traits burinés. Elle, non. Elle ne percevait que des caractéristiques physiques et des noms qui ne résonnaient pas en elle. Comme souvent et sans même le faire exprès, Haynes se coupait de son environnement immédiat. Elle oubliait tout, se laisser happer par elle, en elle, et le reste disparaissait automatiquement. Et comme toujours, c’est ce même environnement négligé qui se rappela à elle, à travers l’un de ses éléments. Elle sortit de sa cachette, fit voguer ses grandes billes bleues jusqu’aux iris tout aussi claires de son interlocuteur et essaya de se remémorer sa question. Même si elle n’y prêtait aucunement attention, son cerveau les enregistrait. Il enregistrait tout, tel le plus puissant des ordinateurs sauf que celle qui pianotait sur le clavier était une novice qui traitait très mal les données reçues. Oh, il mentionnait les portraits. Et plus particulièrement leur génétique. « Je ne sais pas trop, si te le dis. » Haynes haussa les épaules, plus douce que malpolie. « Je ne crois pas qu’on dispose d’assez de données pour analyser leurs gènes. » La beauté, ça ne comptait pas. C’était illusoire, éphémère et plus que tout subjectif. C’est pour ça qu’elle n’arrivait pas à juger une personne sur son physique. Elle aimerait pourtant s’y résoudre, Haynes. Ce serait mieux que rien mais même ça, ça lui échappait. Alors que la génétique, tout de suite, elle comprenait mieux. On entrait dans le domaine du palpable, du concret, de mystères solvables parce que la réponse était fondamentalement écrite dans l’équation. « Et puis ces portraits sont sûrement flatteurs. Personne n’a envie de payer pour se voir tel qu’il est réellement. » Le débit rapide avec lequel elle jeta en pâture sa pensée jura avec le fatalisme lucide de ce qu’elle avançait. Malgré ses allures juvéniles, sa silhouette gracile et son air de gentille illuminée qui appelait protection, Haynes n’avait rien d’une môme immature. Le problème, c’est qu’elle ne l’avait jamais été et qu’en ce sens, elle le serait peut-être toujours un peu. Une enfant incapable de grandir ou un adulte piégée dans un monde de sales gosses moins évolués qu’elle, question de point de vue.



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MessageSujet: Re: weakening walls - 22/09 | 14h20   Mar 22 Sep - 2:46

Ce n'était pas la représentation de la famille idéale telle qu'il se l'était souvent imaginée, pas plus que ce n'était celle d'une famille qu'il pourrait envier ou jalouser. Il s'agissait même d'une famille dont il ignorait tout, ou presque, et qui n'avait aucune raison de particulièrement l'intéresser pour le moment. Et pourtant, ces portraits dégageaient quelque chose d'assez agréable, qui tendait même à le captiver légèrement. Il ne savait pas tellement pourquoi, mais il transparaissait de cette ensemble une unité qu'il trouvait plaisante. Difficile pour autant d'être certain que ces portraits avaient été accrochés là dans le seul but d'en mettre plein la vue, mais ça n'était pas comme s'il risquait grand chose à se l'imaginer. Seulement voilà, des risques il en avait tout de même pris en énonçant cette éventualité, puisqu'il ne nota que quelques instants plus tard qu'une candidate se tenait non loin de là. Ça n'avait rien d'un drame en soi, si ce n'est qu'il ne tenait pas à ce qu'elle s'imagine qu'après deux jours, il vouait déjà un culte au Lord et ses aïeux. C'est pourquoi il choisit d’enchaîner, prétendant ainsi être en mesure d'affirmer que pour des anglais, tout ce petit monde avait été plutôt gâté en matière de gênes. Autant dire que sur ce coup-là, il s'était très légèrement avancé, puisque jusqu'à preuve du contraire, la génétique n'était en rien son domaine, pas plus que tout ce qui concernait de près ou de loin le peuple anglais. Mais accroché à l'espoir que la candidate ne jugerait pas utile de creuser la question, ou qu'elle lui offrirait une porte de sortie en replaçant le débat à son niveau, il n'envisagea pas un seul instant qu'elle puisse le piéger sans même le vouloir. Mais après une réplique plutôt encourageante, voilà qu'elle se mit à parler chinois, ou presque, en évoquant l'idée qu'ils puissent leur falloir d'autres données pour se lancer dans une analyse de ce genre. Elle semblait donc informée sur la question, ce qui n'était évidemment pas son cas, à lui. « Analyser leurs … Okay, tu m'as bien eu. » Ses lèvres s'étaient étirées en un léger sourire, plus gêné qu'amusé, bien qu'il ait adopté un ton suffisamment léger pour feindre de n'être qu'à peine déstabilisé par le tournant que prenait la conversation. « J'y connais rien, en vérité. Tout ce que je vois, moi, c'est qu'ils ont des bonnes tronches. » Autrement dit, ça n'était pas demain la veille qu'il risquait d'écrire une thèse sur les gênes de la famille Hawkins, car à ce niveau-là, elle aurait certainement beaucoup plus de choses à dire que lui. Lorsque la candidate reprit la parole, cependant, c'est une mine un peu plus détendue qu'il sembla arborer, tandis qu'il lui accorda subitement toute son attention. « Venant d'une fille comme toi, c'est plutôt ironique. » Il ne disait pas ça pour la flatter, mais simplement parce que ni photoshop ni aucune autre connerie du genre ne pourrait lui rendre service à ce niveau-là. Elle était extrêmement jolie, c'était un constat qui cette fois était bel et bien à sa portée. « Mais j'imagine que j'aurais tort de me fier à ce que je vois, même si à cet instant tu me donnes un peu l'impression de pas être à ta place, ici. » Peut être serait-ce effectivement un tort de s'arrêter sur les traits candides de ce visage qui semblait faire d'elle une sorte d'intruse, à première vue. Après tout, il n'oubliait pas qu'aussi inoffensive semblait-elle être à cet instant, elle n'était pas arrivée là par hasard, elle non plus.


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MessageSujet: Re: weakening walls - 22/09 | 14h20   Mar 22 Sep - 23:59

Seidel lui répondit et ses mots ne firent pas écho en elle. Haynes essayait pourtant, très fort. Elle se concentrait, fronçait ses sourcils clairs dans la manoeuvre sans parvenir à comprendre. C'était frustrant, cette sensation d'échec permanent. Personne ne le réalisait mais elle était "lost in translation" en permanence, dans un pays connu, dans une langue qu'elle maîtrisait sur le bout des doigts. Les mots s'échouaient sur les rivages escarpés de son cerveau déviant et rien, absolument rien, ne permettait de les sauver. Elle tenta de décrypter son visage, de se concentrer sur ce qui lui disait son sourire mais ce ne fut pas plus glorieux. Alors pour seule réponse, Haynes sourit à son tour, étirant ses lèvres dans une expression évaporée. Elle espérait lui faire comprendre qu'elle n'essayait pas de bien l'avoir, même si le sens de tout ça lui échappait un peu. Beaucoup. La suite fut plus claire à ses yeux et son visage poupon s'éclaircit de ne pas être totalement perdue. Avoir une bonne tronche, c'était factuel, palpable. Elle pouvait regarder les tableaux et se dire d'accord, ça c'est une bonne tronche. Et c'est ce qu'elle fit. Haynes voleta de portrait en portrait à l'aide ses immenses billes bleues mais elle ne vit pas grand chose. Les jugements lui échappaient, tous autant qu'ils étaient. Elle ne se montrait pas très impressionnée par tous ces visages peints à l'identique qui s'alignaient devant elle et elle haussa de nouveau les épaules, un peu dépassée. « Je ne trouve pas qu'ils aient des meilleures tronches que toi. » dévoila-t-elle de sa voix de moineau étonnamment neutre, toujours. Haynes trouvait tous les visages différents, elle savait par coeur jouer au jeu des différences, compter les veinures ou les ridules, les grains de beauté ou de reste de varicelle, retenir mentalement la forme des yeux, des lèvres, du nez ou des pommettes. Tout ça, elle savait. Mais ce qu'elle ne parvenait pas à réaliser, c'est si un tel visage représentait un idéal de beauté là où l'autre serait disgracieux. A ses yeux, ils étaient tous biens. Pas jolis (la subjectivité du concept ne l'aidait pas à en devenir une experte), mais bien. Quelque chose proche de l'harmonie sans doute. La suite la décontenança tout autant et Haynes se retrouva de nouveau à chercher un sens qui lui échappait. Et elle était désolée, vraiment, d'être cette fille avec qui communiquer relevait du chemin de croix. Avec un meilleur suivi, à son âge elle aurait peut-être progressé mais ses parents ne possédaient pas assez d'argent pour le gaspiller en psychologues, orthophonistes et autres... Elle ne savait même pas quels autres spécialistes auraient pu l'aider à progresser. Des neurologues peut-être ? « C'est quoi une fille comme moi ? » Sa question respirait l'innocence et pour cause, elle l'était. Haynes détailla Seidel sans moquerie aucune, de l'air grave qui jurait avec son visage de môme. Généralement, on ne la mettait jamais dans le même panier que les autres, on lui faisait toujours sentir qu'un truc n'était pas achevé chez elle, qu'elle était inadaptée à tout, aux autres en premier alors se sentir partie d'un tout, peu importe lequel, eut le don de lui offrir une poussée de 6. Peut-être 0,6, ce n'était pas encore l'allégresse la plus extatique, mais ça n'en restait pas moins agréable. « Je suis désolée, c'est pas facile de parler avec moi. » Haynes s'excusa, parce qu'elle sentait bien qu'il se montrait d'une patience rare et qu'en échange, elle peinait à lui rendre quoi que ce soit. Elle restait, bien sûr, parce qu'elle ne détestait pas être tirée de sa solitude mais Haynes ne se faisait pas d'illusion, même si elle l'était plus qu'on se le figurait, elle n'avait jamais l'air très intéressante et il était écrit que se désintéresser d'elle était l'action la plus commune. Seidel resta encore, pourtant, même si sa phrase fit s'évanouir le brin de six qui germait en elle. Un léger voile troubla son regard limpide et elle baissa rapidement les yeux sur ses pieds nus. Non pas par timidité ou par gêne, elle n'éprouvait que très rarement ces choses-là. « Tout le monde dit toujours ça. » La lassitude perlait aisément. « Les matonnes imaginent une espèce de conspiration de riches et je crois qu'elles m'aiment bien. Même mon avocat ne m'a pas cru, il s'est souvent énervé en disant que je n'en faisais qu'à ma tête. Mais c'est faux. » Haynes releva un regard fuyant en direction du garçon, un faible sourire perlant sur ses lèvres. « Parle-moi de toi. » Ecouter, ça elle savait faire. Pendant des heures s'il le fallait et son cerveau enregistrait tout, même s'il semblait en veille. Haynes possédait une mémoire incroyable, même si ça ne compensait pas grand chose.



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MessageSujet: Re: weakening walls - 22/09 | 14h20   Jeu 24 Sep - 17:31

L'analyse, en règle générale, n'avait jamais été son fort. Il n'était pas moins perspicace qu'un autre, mais il avait cette tendance maladroite à tirer des conclusions à partir de ce qu'on voulait bien lui montrer, ce qui fait qu'il était le plus souvent incapable de voir beaucoup plus loin que ce qui était en surface. Lorsqu'on se montrait froid ou distant avec lui, c'est forcément qu'on ne l'aimait pas. Lorsqu'on lui refusait quelque chose, c'est forcément qu'on souhaitait l'ennuyer. Et lorsqu'on faisait quoi que ce soit qui n'était pas dans son intérêt, c'est forcément qu'on voulait lui causer du tort. Rares étaient les fois où il prenait la peine de chercher plus loin, de creuser plus profond. Alors analyser, sonder quelqu'un ou quelque chose, ça n'était pas un exercice auquel il pouvait facilement se prêter. Ici, il avait évoqué ce qui en réalité le dépassait complètement, et sa camarade devait maintenant probablement penser qu'il avait simplement voulu se rendre intéressant. Pour autant, elle ne sembla pas lui tenir rigueur du fait qu'il avoue finalement ne rien y connaître en matière de génétique, et la façon qu'elle eut de répondre à sa confidence eut même le don de dessiner sur ses lèvres un léger sourire, peut être un peu bête. « Alors c'est qu'inconsciemment, j'ai du te présenter mon meilleur profil. » Ce n'était pas un compliment, du moins ça n'est pas comme ça qu'il l'avait perçu, pour autant en un sens ces quelques mots l'avaient gêné. Peut être parce qu'il idéalisait d'une certaine façon les portraits qu'il avait sous les yeux, que cet ensemble impressionnait une part de lui qu'il n'assumait pas et que pour ces raisons, il ne s'estimait pas digne de cette comparaison. Quant à l'idée que personne ne puisse vouloir être représenté tel qu'il est vraiment, il y aurait peut être consenti si ça n'était pas une jeune femme aussi troublante qui l'avait supposé. A ce propos, justement, c'est un nouveau sourire, un peu plus tendre, qu'il afficha à la question qu'elle lui posa. « Une fille a priori ravissante qui si elle avait conscience de ce qu'elle est, saurait sûrement qu'aucun portrait ne pourrait décemment lui rendre justice. » Ce coup-ci, son ton était délibérément flatteur, parce qu'il avait le sentiment que c'était ce qu'elle avait besoin d'entendre, de sa bouche ou d'une autre, peu importe. Mais flatteur ou pas, ça n'en était pas moins sincère, et ça aussi son ton l'avait laissé entendre. La suite eut néanmoins tendance à le prendre de court, car il n'était déjà pas particulièrement à l'aise avec les excuses en temps normal, mais ici il ne voyait aucune raison à ce qu'elle semble désolée. « Eh bien, moi je trouve ça aussi agréable que reposant. » C'était un fait, elle n'avait pas besoin d'en faire beaucoup pour lui apparaître comme quelqu'un de spirituel et d'intéressant. Ils avaient beau ne pas toujours se comprendre, et aborder cet échange d'une façon un peu différente, ça ne l'empêchait pas de trouver sa compagnie agréable, et même à certains moments de se sentir paradoxalement proche de la personne qu'elle était. L'autrichien fit toutefois par la suite preuve d'une certaine maladresse. C'est en tout cas ce qu'il constata à la façon dont la jeune femme réagit à une observation qu'il aurait probablement du garder pour lui. « Désolé. » Il était rare, très rare qu'il reconnaisse ses torts au point de présenter des excuses, mais ici il avait un peu l'impression d'avoir mis les pieds dans le plat. « T'as du le remarquer, je vois jamais beaucoup plus loin que ce que j'ai sous les yeux. » Il n'avait pas su voir plus loin que l'apparente « beauté » des portraits de la galerie, et maintenant il s'arrêtait à la candeur de sa camarade. Et il se trouvait d'autant plus stupide de l'avoir fait remarquer maintenant qu'il savait qu'elle y avait souvent droit. La façon qu'elle eut ensuite de vouloir l'entendre parler de lui fit également naître chez l'autrichien un certain embarras. Si elle espérait détendre l'atmosphère, il était probable qu'elle soit déçue. « Je suis le genre de mec à pas tellement se vanter de ce qu'il est, à vrai dire. » Car il n'y avait pas grand chose le concernant qui valait vraiment la peine d'être dit.  « Le genre de mec qui risque pas d'avoir sa tronche exposée dans une pièce comme celle-ci, le genre aussi à avoir jamais su profiter de ce qu'il avait quand il l'avait, et à pouvoir mettre 500 kilomètres entre ses parents et lui pour des conneries. » C'était là une description qui n'avait rien de flatteuse, mais elle avait le mérite d'être assez fidèle à la personne qu'il était. « Je sais pas ce que tu voulais précisément savoir, mais ça fait partie des choses qui me définissent le mieux. » Parce qu'il aurait pu lui parler de Livia, de ses projets ou de quoi que ce soit d'un peu plus louable, seulement lui parler de lui c'était encore aujourd'hui lui parler d'un mec qui s'était planté presque toute sa vie et s'était foutu dans des emmerdes qu'il aurait pu éviter s'il ne s'était pas enlisé dans une sorte de vendetta personnelle.


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MessageSujet: Re: weakening walls - 22/09 | 14h20   

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weakening walls - 22/09 | 14h20
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