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 got your bible and your gun w/ kennedy (29/09, 12h09)

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Haynes

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MessageSujet: got your bible and your gun w/ kennedy (29/09, 12h09)   Dim 27 Sep - 21:30

OOTD

Haynes ne savait pas quoi faire de tout ce temps à profusion, des pièces qui s'étalaient à perte de vue, de cet avant-goût retrouvé de liberté. Elle voulait s'en empiffrer jusqu'à l'écoeurement et en même temps, elle se stoppait net pour choisir de l'utiliser avec parcimonie, pour se préserver. Sinon, le retour en cellule serait rude même pour quelqu'un comme elle, qui s'accommodait de peu. Alors elle se bridait la môme et finalement s'ennuyait un peu. Les feuilles remplies de formules ou de lignes de code s'empilaient sur sa table de nuit, les fleurs tressées sur sa tête séchaient et Haynes ignorait comment s'occuper. Elle avait été brimée toute sa vie et ses loisirs étaient frugales. Elle aimait les fleurs et les étoiles, les chiffres et les histoires, l'eau et le vent, l'informatique et son frère. Elle aimerait bien davantage si le monde n'avait pas été pour elle qu'une porte fermée, toujours, mais dans cette attente, elle tâtonnait sans encombres, silencieuse et discrète. Ce jour-là ne faisait pas exception à la règle. Haynes promenait sa silhouette aux grandes jambes héron au hasard de ses pas mal assurés et finalement, se décida pour la bibliothèque. En prison, elle travaillait là-bas et ça lui plaisait parce qu'elle aimait ranger les livres. Sans souffrir de TOC (détectés, en tout cas), l'ordre lui plaisait, l'apaisait, c'était le contraire du minuscule appartement rapetissé par tous les bibelots encombrants au sein duquel elle avait évolué tant bien que mal. Debout devant l'immensité de la bibliothèque, droite comme un cierge, Haynes contemplait sa tâche et se demandait comment procéder. Par couleur, par auteur, par ordre alphabétique, par collection ? Elle se décida par auteur, mais se rendit rapidement compte que le rangement global suivait déjà ce schéma, et il ne lui plaisait pas. Alors elle vida trois étagères au hasard et décida de les ranger chacune suivant un ordre différent. Une lourde pile en main, Haynes la soutint de son menton pour ne pas la voir s'effondrer et c'est à cet exact instant qu'elle repéra celui du haut : A la croisée des mondes, l'intégrale, ses livres favoris. Comme elle lisait très mal et que Flynn lui faisait la lecture, Haynes préférait les grandes fresques d'aventure et de fantasy qui permettaient d'éveiller assez son intérêt pour éviter que son cerveau somnole au son d'une voix ou s'évade dans ses chiffres. Instantanément, elle oublia sa tâche initiale, laissa tomber sa pile et s'assit en tailleur sur le sol pour ouvrir son livre favori. Haynes connaissait le début par coeur mais c'est ensuite que ça se corsa très vite : les mots se décomposèrent sous ses yeux devenant j u s t e d e s l e t t r e s détachées les unes des autres, sans aucun sens. Elle ne parvenait pas à les associer à des groupes de mots et à les digérer convenablement. La dyslexie l'avait paralysée toute son enfance et son niveau de lecture et d'écriture restait déplorable. Seule la parole s'en sortait admirablement mais pourtant, elle ne s'exprimait pas beaucoup. La porte s'ouvrit sur l'irlandais et elle leva son visage froissé sous son lot de 5 x l'infini, un cinq (la colère) teinté de frustration parce qu'elle s'énervait toujours en voyant les mots se décomposer sous ses yeux et lui échapper sans autre forme de procès. Surtout quand Flynn n'était pas là pour la calmer de sa jolie voix soyeuse. « Je rangerai c'est juste que » se justifia-telle immédiatement face aux étagères vidées de leur contenu par son envie de s'occuper. Elle ne termina pas sa phrase, comme souvent et envisagea de se replonger dans son livre, juste pour avoir l'air un peu normale. Mais c'était difficile de contempler la valse des lettres qui transformait l'aventure épique de Lyra en un étang boueux vidé de son sens. « C'est mon livre préféré, tu connais ? » Haynes releva un regard curieux en direction de Kennedy, s'essayant à un effort un petit plus soutenu en termes de sociabilité. Lyra était le genre de petite fille qu'elle aurait aimé être, audacieuse, têtue, brouillonne mais toujours bien intentionné, maligne et forte tête, mais elle n'osa pas le dire tout haut. A la place, elle embraya sur ce qui la chagrinait vraiment. « Flynn me l'a lu au moins dix fois. Je connais le début par coeur mais j'y arrive plus après, les mots n'ont aucun sens... » Son ton neutre, plus traînant que larmoyant n'aidait pas vraiment à exprimer la frustration qui l'accablait sans qu'elle sache la nommer. Haynes referma l'ouvrage et le posa sagement à côté de son genou, sans rien ajouter d'autre qu'un truc essentiel. Du moins à ses yeux. « Albert Einstein était dyslexique. Léonard de Vinci aussi alors c'est pas si grave. »



BUT YOU ARE UNFIXABLE, I CAN'T BREAK THROUGH YOUR WORLD. 'CAUSE YOU LIVE IN SHADES OF COOL, YOU HEART IS UNBREAKABLE.
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Kennedy

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MessageSujet: Re: got your bible and your gun w/ kennedy (29/09, 12h09)   Lun 28 Sep - 23:40

J’ai rien à faire. Toujours la même histoire. Je me retrouve avec toutes ces options, ces lieux à visiter, ce libre arbitre et je me sens comme dépassé. Je n’ai pas d’idées, mais je fais semblant. A l’aise dans mes pompes, comme si j’étais dans mon propre palace de petit trou du cul de bourgeois. J’inspecte les alentours encore une fois en faisant ma ronde quasi quotidienne qui consiste à traîner dans la baraque et les jardins en long et en large jusqu’à tomber sur un autre candidat. C’est plus compliqué qu’il n’y parait, parce que je suis justement difficile. Je ne veux pas du premier plouc qui croise mon chemin, je joue à la fine bouche en triant mes camarades sur le volet d’après des critères plus simples à suivre qu’il n’y parait. Une paire de seins, un air de pigeon à berner aisément et j’abdique machinalement. Je me pointe dans la bibliothèque avec les mains enfoncées dans les poches. Je suis à deux doigts de me mettre en prime à siffloter comme un con pour accentuer mon petit effet de type parfaitement à ma place, mais j’évite parce que je ne veux pas donner l’impression d’être un simplet complètement niais. Qui siffle en dehors des sept nains trop heureux de leur colocation purement masculine et du partage d’une seule nana façon chambre de fraternité quelque peu glauque. J’avance entre les rayons en laissant mes prunelles intéressées glisser sur les couvertures des livres mis à notre disposition. C’est autre chose qu’en prison et pourtant, déjà là-bas j’ai pris l’habitude de traîner avec insistance entre les différentes étagères pour une bonne majorité de mon temps libre malgré le peu de bons livres disponibles. Ici, tout est nickel. C’est beau, propre, neuf et entretenu malgré les dizaines et les dizaines d’années d’existence que la maison doit se trimbaler. Je continue mon repérage, avant de me stopper avec un sourcil intrigué qui se permet de s’arquer pour marquer encore un peu plus ma surprise. Je suis un putain de comédien et j’espère que là-bas, de l’autre côté de l’écran, les téléspectateurs se régalent de ma dramaturgie faussement naturelle pour tourner mes journées en feuilleton de soap-opéra. Ils pourraient mettre une musique intrigante aussi. Un truc pour m’aider, bien que la môme s’en charge déjà parfaitement toute seule avec sa tronche d’ahurie prise sur le fait. En fait, j’en ai rien à branler. Elle pourrait vider tous les rayons que ça ne me ferait toujours ni chaud, ni froid, mais je me force à tirer une tête de conséquence pendant qu’elle se justifie. Elle rangeait. J’esquisse un sourire amusé en me rapprochant encore un peu de l’irlandaise en observant la couverture de l’ouvrage. « Non. » Enfin de nom, ça me dit bien quelque chose, mais ça s’arrête là. Je suis un paradoxe littéraire, inculte et érudit en même temps. Au départ je n’avais pas les bonnes base, le background adéquat des fervents lecteurs, mais je me suis façonné ma propre bibliographie comme un kamikaze de la culture. Je me suis forgé une liste à renfort de références et de grands noms censés m’aider à briller en société et à séduire avec les armes des intellectuelles pleins aux as qui me font envie. Tout ce que je sais de cette histoire, c’est qu’il y a une gamine dedans et je suppose qu’elle doit se trouver à la croisée des mondes ou un délire dans le genre. Je m’en fous, mais ça me fait marrer intérieurement que ce soit précisément cette douce fiction enfantine qui soit sa préférée alors que si on m’avait demandé mon bouquin favoris j’en aurais fait des caisses pour choisir l’œuvre me mettant le plus en valeur. Elle mentionne un dénommé Flynn qui me fait froncer les sourcils pendant que j’essaye de comprendre de qui il s’agit. Certainement pas son mec si je me souviens correctement de l’historique de son dossier carcéral. Donc elle n’arrive plus à lire la suite. Et ça me concerne parce que… « Je suis censé de faire la lecture ? » je demande d’une voix neutre. Ça risque de poser problème, je suis nul quand il s’agit de déchiffrer un scripte à voix haute. Habituellement ça passe parce que mon oratoire est uniquement composé de mon gosse de cinq ans et qu’il se trouve à un âge où on est toujours bon public, mais il ne faut pas que je déconne avec les caméras installées dans toute la pièce. « Tu ne sais pas faire toute seule ? » j’argue en la prenant peut-être pour plus conne qu’elle ne l’est, comme si la solution la plus simple avait pu lui échapper. C’est juste que le coup de la dyslexique à qui on n’a jamais appris à lire, je ne m’y attendais pas vraiment. « Mais c’est con… » je murmure du bout des lèvres en ne trouvant rien de mieux à ajouter pendant que ça cogite dans mon crâne. Je dois trouver le truc. La réponse, la meilleure chose à faire pour m’en sortir parfaitement. Je me laisse tomber à ses côtés sur le sol en chopant le bouquin de ses mains sans faire réellement attention à mes gestes. « Je crois que mon fils apprend à lire en même temps qu’à écrire. Il y a un truc par rapport aux syllabes… » Mais je suis loin d’avoir la gueule de l’institutrice chaudasse de l’école primaire, alors je ne crois pas qu’elle devrait compter sur moi. Elle ferait peut-être mieux de se renseigner auprès de mademoiselle perfection Vassiliev.
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